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 La vie quotidienne en 1899

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Le Corbeau
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MessageSujet: La vie quotidienne en 1899   08.12.17 22:14

La vie quotidienne en 1899


La vie quotidienne a complètement changé en un siècle. Certains penseront que "c'était mieux avant". Oui et non.

Regardons ensemble ce qui a changé...






Dernière édition par Le Corbeau le 15.12.17 11:01, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: La vie quotidienne en 1899   10.12.17 19:53

Le Travail c'est la santé... Ou pas!

Voici une courte vidéo qui vous décrit les différentes classes sociales: l'ouvrier (la classe la plus pauvre), la bourgeoisie (la plus riche) et la classe moyenne (les employés ou les professions libérales).

Quelle que soit la classe, le temps de travail journalier est de 10 à 15 heures par jour, avec un jour chômé par semaine (souvent le dimanche). Les vacances n'existent pas, de même que l'assurance-chômage en cas de perte d'emploi et les indemnités en cas d'accident du travail existent mais elles sont rares.


L'Agriculture



L'agriculture concerne la majorité de la population française en 1899.

Voici une vidéo représentant assez bien la vie à la ferme, en 1950 les outils et la manière de vivre sont assez semblables à celles de 1900.
Une chose importante cependant: ce fermier est assez riche. Il a beaucoup de bétail, de chevaux et de terrain! Toutes les fermes ne sont pas aussi bien dotées et les héritages morcellent les parcelles. Sur les petites fermes, les enfants s'entendent pour que l'aîné rachète le lot de terrain à son frère qui ira chercher fortune en ville s'il n'a pas trouvé une place chez les artisans du village (apprentissage en boucherie, charronnerie, maréchal ferrant). Les enfants les plus doués reconnus par l'instituteur peuvent bénéficier de bourses d'études pour aller au collège mais elles restent rares. Payer la pension du collège pour un fils est une marque de richesse et de fierté dans l'univers paysan au même titre que la taille d'un terrain exploité ou que du nombre de chevaux et de vaches.

Les ouvriers agricoles sont parmi les plus pauvres des travailleurs: ce sont des saisonniers payés chichement. Certains chanceux sont payés à l'année pour travailler à la ferme (bergers, palefreniers, bûcherons), les autres ne sont employés qu'à la période des semailles (mars/avril) et celle des récoltes (de juin à octobre). Certains louent leurs bras à la ville l'hiver et reviennent travailler la terre au printemps.


Les Bas-Fonds

C'est une populace généralement pauvre où l'on va trouver toutes sortes de profils: alcooliques, artisans sans emploi, petits escrocs, cambrioleurs, voleurs, mendiants, vagabonds, prostituées et leur proxénètes, malfrats, agitateurs, accidentés du travail ou anciens soldats déserteurs... C'est une véritable cour des miracles qui s'agite et effraie Paris. Il n'y a pas une semaine sans que Le Petit Journal ne titre pas sur un règlement de comptes entre bandes d'Apaches ou d'un bon bourgeois rabattu par une fille de joie et égorgé par son proxénète.
Tout ce petit monde est fiché en grande partie par la police qui se livre un jeu du chat et de la souris avec les malfrats. Ces derniers font souvent des allers-retours entre la rue et la prison, jusqu'à la guillotine pour les meurtriers -un vrai spectacle pour la populace- ou plus sûrement la "guillotine sèche", c'est à dire la déportation, surtout au bagne de Guyane dont on ne peut s'échapper. La mort y est assez prompte.
Les Laurettes ou Jacquelines -c'est ainsi qu'on nomme les prostituées- n'ont pas de soutien familial... Parfois elles sont mises sur le pavé par leurs parents! Il existe quelques rares mains secourables mais on les considère généralement comme des filles perdues. Certaines épousent leur maquereau, d'autres sont exploitées jusqu'à la fin de leur vie. Beaucoup sont alcooliques ou se droguent. L'on attribue leur meurtre à leur souteneur mais parfois les clients ont la main lourde.  


L'Industrie

Les mines sont bien plus documentées que les autres industries, d'où ces vidéos très axées sur ce domaine. Cependant les conditions de travail des mineurs (de la mine) et des mineurs (les enfants, vous me suivez?) sont les mêmes dans l'industrie. Les ouvriers travaillent dans des conditions terribles: plus de 10 heures par jour, des machines à vapeur ou électriques pour les plus récentes très productives mais extrêmement dangereuses (pas de protection autour des hauts fourneaux dans les aciéries etc), ce qui en résulte des accidents de travail fréquents. Les maladies chroniques sont fréquentes: douleurs articulaires, problèmes respiratoires (produits chimiques, charbon, fumées), fausses couches pour les femmes obligées de travailler debout, le stress des cadences infernales exigées et une énorme fatigue. La paie est misérable et suffit à peine à nourrir une famille pour un mois; ainsi les femmes et les efants sont forcés de travailler pour gagner leur pain quotidien; la femme gagne généralement la moitié du salaire de l'homme à travail égal et le salaire d'un enfant tombe à un quart. Ces derniers peuvent travailler dès l'âge de 8 ans en usine; auparavant ils sont obligés d'avoir des rudiments d'instruction à l'école.
Avec un salaire si faible il est quasiment impossible d'avoir un accès aux soins (il n'y a pas de sécurité sociale), il n'y a pas de loisirs et les familles se privent d'objets de première nécessité (vêtements, savon etc).
Régulièrement les quartiers ouvriers s'embrasent: grèves, manifestations, mise à sac des usines etc. Depuis 1884 les ouvriers se regroupent au sein de syndicats qui tentent de revaloriser les salaires et d'obtenir une diminution du temps de travail.
Tous les ouvriers ne sont pas logés à la même enseigne: selon le grade qu'ils occupent, s'ils sont spécialisés ou non leur salaire a un niveau différent. Les ouvriers les plus touchés par la misère sont ceux dont le travail ne demande aucune qualification particulière.



Les Classes Moyennes

La classe moyenne est une classe typiquement urbaine. On la retrouve depuis les bourgs jusqu'à la capitale. On y retrouve des artisans qualifiés, les instituteurs, les petits commerçants, les artisans à leur compte, les médecins, notaires, employés de bureaux, les soldats etc... Il existe une large gamme de métiers et de rémunérations.

La classe moyenne est une classe laborieuse qui travaille beaucoup : plus de 10 heures par jour, 6 jours par semaine. Elle a cependant accès aux loisirs, aux soins et à l'éducation, comme le certificat d'études et pour certains le lycée puis la faculté. Les femmes y sont moins présentes, même si certaines participent à l'activité professionnelle de leur époux (institutrices mais aussi les commerçantes, celles qui s'occupent de la comptabilité de l'entreprise etc...). La plupart de ces femmes s'occupent de la gestion de la maisonnée: les achats, surveiller la bonne, recevoir les amis et voisins, s'occuper des enfants et des anciens...

La classe moyenne a accès aux loisirs: on la rencontre le dimanche en promenade dans les parcs ou dans la campagne proche où elles investissent les guinguettes. Le soir le couple sort ou reçoit des connaissances; on les rencontre aussi au café, car la télévision et la radio n'existent pas. C'est un endroit où les hommes discutent politique ou culture, les femmes papotent et parlent de leurs enfants ou de la mode. Cette classe sociale a souvent des opinions républicaines et assez conservatrices.


La Bourgeoisie

Nous ne parlons pas ici des petits bourgeois mais des très riches familles: ils sont 'entrepreneurs, de banquiers, de directeurs de compagnies ferroviaires ou maritimes, de grands négociants, de hauts fonctionnaires et dans les hautes sphères politiques ou militaires. Ils ont peu à peu remplacé la noblesse de 1830. La Monarchie de Juillet, le Second Empire puis la République lui ont permis de réaliser des bénéfices records. Pour concurrencer l'économie anglaise la France a légiféré en leur faveur, permettant la construction de vastes infrastructures: chemin de fer, ports, transport maritime jusqu'à l'invasion de contrées africaines et asiatiques, la fameuse "colonisation" qui permet d'exploiter les ressources étrangères dont l'hexagone a besoin.

Le bourgeois est souvent représenté sous la forme d'un homme obèse, coiffé d'un haut de forme, fumant le cigare et se comportant de manière égoïste et oisive. Rien n'est moins faux: mis à part le rentier qui tire ses revenus de la Bourse ou d'un investissement, le bourgeois travaille une dizaine d'heures par jour. La vie bourgeoise à Paris oblige à fréquenter l'opéra, le théâtre, à recevoir ou se rendre à des réceptions. La représentation pour les affaires et la carrière est très importante: on doit être vu, connu et surtout reconnu. L'étalage de richesses et un excellent moyen de présenter une santé financière propre à rassurer les partenaires et les investisseurs.  


Les Femmes

Pas de droit de vote, de compte en banque, la femme française ne peut vivre de vie active sans l'autorisation d'un tuteur, qu'il soit père ou mari. Elles sont considérées comme des objets d'ornementation condamnés à s'occuper de son intérieur et de l'éducation des enfants. Cependant les choses évoluent lentement: les aventurières, exploratrices, aviatrices, artistes, scientifiques et suffragettes s'activent, bousculant la vision judéo-chrétienne traditionnelle. Les ouvrières ne sont pas en reste: elles manifestent (déjà!) pour une égalité de salaire avec les hommes. Il faudra deux guerres pour que les Français leur accordent le droit de vote et encore plus pour maîtriser leurs finances mais le combat pour la reconnaissance est en marche.




Les Salaires

Cuisinière : 350,00 F / an (1,00 F par jour sur 350 jours travaillés)
Domestique : 500,00 F / an (1,43 F par jour sur 350 jours travaillés)
Jardinier : 700,00 F / an (2,00 F par jour sur 350 jours travaillés)
Les employés de maison sont souvent logés, nourris et blanchis sur place

Ouvrier agricole : 2,69 F / jour

Garçon café-restaurant : Uniquement pourboires 16 H / jour
Femme de ménage: 1,50 F / jour
Facteur : 2,00 F / jour; 600 F / an + 1 vêtement + 2 paires de chaussures (300 jours travaillés; 28 à 40 km / jour )
Chemisière, lingère, couturière : 2,00 F / jour
Apprenti (enfant) industriel : 0,85 F / jour Salaire moyen toutes branches
Ouvrière industriel : 1,70 F / jour Salaire moyen toutes branches
Ouvrier industriel : 3,33 F / jour Salaire moyen toutes branches
Ouvrière industrie privée (spécialisée): 2,46 F / jour
Ouvrier industrie privée (spécialisé) : 4,85 F / jour
Aiguilleur chemin de fer : 900 - 1000 F / an  2,85 F 15 à 16 H / jour
Employé bazar : 5,00 F / jour 15 à 17 H / jour
Cocher, conducteur omnibus, camionneur : 5,75 F / jour 16 H / jour
Manœuvre : 0,30 F / heure
Mécanicien (spécialisé) : 1500 -1800 F / an 5,00 - 6,00 F / jour

Instituteur débutant : 875,00 F / an  2,92 F/jour (6 j / sem + 12 fériés)
Sous-Lieutenant : 1260,00 F / an 4,20 F/jour
Juge débutant : 1833,00 F / an  6,11 F/jour
Professeur faculté : 4000,00 F / an  13,33 F/jour
Lieutenant-Colonel : 4300,00 F / an  14,33 F


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MessageSujet: Re: La vie quotidienne en 1899   10.12.17 21:36

Quelques données monnétaires





Sous la Troisième République la monnaie utilisée est le Franc Germinal mis en circulation depuis le règne de Napoléon 1er. Étalonne sur le cours de l'or, cette devise sera d'une stabilité exceptionnelle, jusqu'à la Première Guerre Mondiale. Le franc germinal, également appelé franc or, sera en circulation jusqu'en 1926. Cette longue stabilité a permis au pays de s'industrialiser et de s'enrichir: les investisseurs n'avaient pas à s'inquiéter d'une perte de valeur de leurs biens financiers à cause d'une dévaluation monétaire.

Les produits ont un prix stable sur la durée du siècle, cependant les denrées périssables peuvent connaitre de fortes hausses selon la saison : une mauvaise récolte ou un produit de début ou de fin de saison (exemple: les fraises en automne ou le blé en juin, ce qui augmente le prix du pain).

La spéculation sur les produits bruts ou agricoles a lieu à la Bourse du Commerce. Celle des bons au porteur (actions) se fait au Palais Brogniart.

Selon l'Insee, un franc de cette époque équivaudrait, en terme de "pouvoir d'achat", à 3,6 euros environ, cependant le prix d'un kilo de pain aujourd'hui n'est pas le même qu'à l'époque.

La Banque de France est la seule institution à pouvoir battre monnaie et émettre des billets.


Les pièces usuelles:

Les centimes sont en bronze: 1, 2, 5 centimes (le fameux sou), 10, 20 centimes.
Le Franc est constitué de pièces d'argent (un quart de franc, un demi-franc, trois-quarts de franc, un franc, deux francs et cinq francs) et d'or (20 francs et 40 francs, le fameux Napoléon).

Cliquez ici pour une histoire des petites pièces durant le XIXème siècle.


Les billets:

des billets de 5, 10, 20, 50,100, 200, 300, 500, 1 000, 5 000 ou 10 000 francs existent.
Cependant ils sont très peu utilisés à cause des risques de contrefaçon (mais la Banque de France utilise des encres spéciales) mais aussi à cause des naufrages financiers dûs à des papiers: le système de Law au début du XVIIIème siècle et les Assignats de la Révolution ont été un véritable traumatisme pour les parisiens et les français dans leur grande majorité.


Change:

1 dollar américain = 5,17 F
1 mark = 1,235 F
1 livre sterling = 25,23 F
1 couronne austro-hongroise = 1,05 F
1 rouble = 2,666 F
1 florin néerlandais = 2,087 F
1 piastre ottomane = 7,058 F


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MessageSujet: Re: La vie quotidienne en 1899   10.12.17 22:36

Qu'est-ce qu'on mange?




La base de l'alimentation est le pain, la soupe et le ragoût (pot au feu, blanquette, bœuf au carottes etc) qui cuit lentement sur le feu tandis que madame travaille ou s'occupe de ses tâches. Les classes laborieuses se nourrissent de  mets roboratifs plutôt que délicats avant d'aller à leur journée de travail de 10 à 15 heures selon leur activité. Les mets plus délicats sont réservés à ceux qui peuvent se payer le luxe d'une bonne cuisinière. On cuisine à la marmite dans la cheminée ou au faitout sur la cuisinière en fonte qui sert aussi de "radiateur" dans la pièce de vie; cette dernière peut être alimentée au bois ou au charbon. Dans les petits appartements parisiens aux cuisines minuscules, les employés de maison cuisinent à la casserole, plus pratique à ranger.

Les produits exotiques (par exemple une orange, un avocat) sont réservés aux riches alors que l’ouvrier se contentera de produits locaux et de saison.

Les biscuits et les pâtisseries sont des produits de luxe, souvent offerts à Noël ou aux anniversaires dans de jolies boites.

Charbon : 0,05 F / kg
Pain 1,80 F / kg
Viande : 2,50 F / kg
Charcuterie : 3,19 F / kg
Poisson : 1,62 F / kg
Beurre : 1,00 F / kg
Oeuf : 0,15 F pièce
Fromage : 2,83 F / kg
Sucre : 0,72 F / kg
Riz : 0,63 F / kg
Pâtes : 1,50 F / kg
Pommes de terre : 0,15 F / kg
Haricots secs : 1,00 F / kg
Fruits et légumes frais : 0.20 à plus de 5 Francs / kilo
Cornet de frites : 0,10 F
Vin de table : 0,10 F / litre
Lait : 0,10 F / litre
Café : 5,70 F / kg
Chocolat : 3,98 F / kg


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MessageSujet: Re: La vie quotidienne en 1899   10.12.17 22:39

Se déplacer




Le baron Haussmann a redessiné Paris en perçant de larges rues et de grandes avenues. Ces dernières sont toutes pavées, légèrement convexes pour que le ruissellement des eaux de pluie et que l'eau servant à nettoyer les rues soient entraînées vers les caniveaux situés à l'extrémité des trottoirs. Régulièrement des bouches d'égout permet l'évacuation des eaux vers le sous-sol. Néanmoins le sol est très glissant, qu'il soit mouillé ou non. Les passants se cassent la figure... Et les chevaux glissent aussi parfois, causant des embouteillages. Les sapeurs-pompiers sont alors dépêches et relèvent le pauvre animal tombé avec un treuil spécial. Si l'animal s'est blessé il est abattu puis dégagé par un tombereau. Ce genre d'accident est fréquent, surtout en hiver.

Un cheval freine mal et reste un animal parfois incontrôlable. Parallèlement les automobiles ne sont pas fiables et les conducteurs zigzaguent sur les boulevards en roulant à tombeaux ouverts (jusqu'à 40 km/h), les vélos, silencieux mais tout aussi dangereux rasent voitures et passants. Ces derniers n'ont pas de passage piétons et traversent quand ils le peuvent. Vous l'aurez compris les risques d'accidents sont grands, d'autant qu'il n'y a ni feux ni signalisation d'aucune sorte. La seule consigne est de "rouler à droite", mais cela reste tout à fait subjectif, il est tout à fait possible de s'arrêter en triple voie pour discuter avec un ami que l'on croise. Certains se garent à droite pour dételer leur chariot et le transformer en étal temporaire, le temps de vendre balais ou oranges aux habitants du quartier. D'autres déchargent leurs marchandises sur les rails du tramway, bloquant les passagers... La circulation à Paris est assez chaotique et ce ne sont pas quelques agents qui vont réussir à maintenir l'ordre.




A cela s'ajoutent les perpétuels embouteillages connus dès le Moyen-Âge: certes les ruelles insalubres ont disparu, mais entre le temps où Haussmann a repensé sa ville (1854) et cette fin de siècle, Paris a vu sa population augmenter de 1 million à 2.6 millions en 1900... soit une augmentation de population de 150%. Jamais le préfet de la Seine n'aurait imaginé un tel exode rural. Résultat: même les larges avenues toutes neuves ne suffisent pas à fluidifier le trafic. Certaines avenues comme celle de l'Opéra ou le quartier des Halles sont bondées en permanence.

Même si la chaussée n'est plus dans l'état de délabrement dans lequel elle était auparavant, le sol est toujours sale : la poussière des cheminées des maisons et des usines, les déjections des chevaux (40 000 circulent à Paris en 1900), les ordures qui ne trouvent pas toujours leur place dans une poubelle... Bref les rues ont besoin d'être quotidiennement entretenues.

La nuit les rues sont éclairées par des lampadaires; la majorité est au gaz et un employé est chargé de les allumer -puis de les éteindre au petit matin- à la main tous les jours et quelques rares lampadaires fonctionnent à l'électricité: ce sont ceux des premiers arrondissement de Paris et du quartier des Champs Élysées.

Il existe déjà des compagnies de fiacre (le taxi de l'époque), de tramway et de voiture hippomobiles, les ancêtres de nos tramways électriques et autocars. De nombreuses lignes sillonnent la ville de cinq heures du matin à minuit.




Les gares déversent un flot continu de voyageurs: il y a les touristes et ceux qui désirent s'installer. Il n'existe pas encore de migration pendulaire aux petites villes ceignant la capitale.

Plus à l'Ouest les universitaires et les aristocrates commencent à s'installer à Saint Cloud, Meudon, Versailles... Un petit air de campagne entre gens de bonne compagnie loin de cette vie bourgeoise mais finalement si proche de l'Opéra et des Grands Magasins grâce au train. Le train de la ligne de la Petite Ceinture relie les quartiers excentrés entre-eux: il circule autour de Paris via les boulevards des Maréchaux.

Chaque fin de semaine les plus riches s'offrent quelques jours dans leur maison de campagne ou dans les stations balnéaire de la côte normande (Cabourg, Deauville...). D'autres se paient des vacances en Bretagne, à Biarritz ou sur la Côte d'Azur. La promenade du dimanche sur les grands boulevards (Champs Élysées, avenues Montaigne et avenue du Bois-de-Boulogne -actuelle avenue Foch-) est un grand classique des bourgeois. L'on s'y rend pour se faire admirer en voiture -la voiture à cheval et l'automobile sont synonyme de grande richesse- parées de belles toilettes pour ces dames et avec la plus grande distinction pour ces messieurs. La mode veut que ces derniers montrent leur capacité à diriger leur voiture, on assiste alors au Bois de Boulogne à des concours d'attelage ou de maniabilité automobile.

Les petits bourgeois prennent l'air de la campagne dans les guinguettes du bord de Seine (Robinson, Nogent...). La guinguette est un cabaret populaire de banlieue parisienne officiant aussi comme restaurant et, souvent, comme lieu de bal. Les petits bourgeois s'y croisent, discutent et dansent dans une atmosphère bon enfant. L'on y vient en famille dès le midi. Bien d'une fille à marier y a trouvé son futur mari; mais attention, le père surveille toujours ceux qui proposent à sa fille de valser. L'on se baigne, l'on cabote ou l'on se promène le long des berges puis le parisien reprend son train du soir. Cliquez ici pour voir un film de Carné tourné à la fin des Années Folles mais retraçant à merveille l'ambiance des dimanches à la campagne des classes moyennes.

Hommes et femmes de la classe moyenne s'adonnent au sport: le vélo a de nombreux adeptes; c'est un produit de luxe, moins cher que la voiture, mais que peu d'ouvriers peuvent se payer. Il faudra attendre la production de masse pendant et après la Grande-Guerre pour que ces derniers y aient accès.
 
Les ouvriers n'ont pas le moyens de s'offrir ce genre de loisir; ils sortent le dimanche sur les quais de Seine ou vont dans les grands parcs aménagés (Les Buttes Chaumont, Vincennes). Les trajets se font à pied ou en véhicule communautaire.

Les gares sont bordées par des hôtels de plus ou moins bonne réputation; on y trouve également des maisons de tolérance. Les prostituées qui font le trottoir sont surnommées les Laurettes dans l'argot parisien, du nom de la rue Notre Dame de Lorette qui borde la gare Montparnasse.

Comme vous pourrez le constater ci-dessous, se déplacer est plutôt cher. Pour couronner le tout, les rues sont encombrées. Ainsi le Parisien (comme aujourd'hui) est avant tout un piéton. Il n'existe pas encore de grandes surfaces alimentaires mais quel que soit le quartier l'on trouve toujours un épicier, un boulanger, un boucher et un quincailler. Il est ainsi facile de se ravitailler en marchant un peu.



Le train :
Les tarifs sont les mêmes pour toutes les compagnies ferroviaires et sont calculés au kilomètre :

Première classe: 11 centimes 20
Deuxième classe: 7 centimes 56
Troisième classe: 4 centimes 93
Repas en wagon restaurant : 2 à 4 francs pour le déjeuner, 3 à 6 francs pour le dîner


Course en fiacre (le taxi de l'époque):

à deux places : 2 F l'heure en journée, 2,50 F de nuit  
à quatre places : 2 F 50 l'heure en journée, 3,20 F de nuit
Chaque passage des fortifications donne droit à une indemnité de 1 ou 2 F
Note: les fiacres sont regroupées en compagnies, comme les compagnies de taxi plus tard.


Course en omnibus et tramway ( tous deux tirés par un cheval): 50 centimes
Grande voiture à cheval à impériale dans lesquelles les parisiens s"entassent, glissant sur rails ou non.


Vélocipède: de 250F à plus de 900F selon les modèles.


Voiture à moteur à explosion: de 1000F à plus de 30 000 F
"Faite main" chaque voiture est quasi unique, le propriétaire choisissant ses options. Il faut un très bon mécanicien pour la réparer. Le coût de l'essence est assez bas, en entretien compter 200F par mois (hors accident).


Charrette à chèvre ou chien: 100 F minimum
Petite Charrette à petit âne ou petit poney (âne gris): 200 F minimum
Petite Charrette à grand âne ou grand poney (âne du Poitou/ poney): 250 F minimum
Charrette à cheval (type moisson, une monture): 600 Francs minimum


Kart à Poney (petite voiture ouverte, deux places, une monture): 280 F minimum
Kart à cheval (petite voiture ouverte, deux places, une monture) : 400 F minimum


Voiture à cheval: compter de 400 à plus de 10 000 F selon le modèle, hors option (éclairage, freins etc).
Avoir son équipage est considéré comme le comble du luxe, l'entretien des chevaux, leur pension, le salaire du cocher et l'entretien de la voiture est très onéreux, plus de 1000 F par mois.


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